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Audition, ouverte à la presse, relative à l’état des conditions d’approvisionnement en électricité de la France cet hiver
Mercredi 16 décembre 2009
Séance de 17 h 30 Mme Geneviève Fioraso. Je trouve dommageable qu’en période de reprise du marché mondial, la France, où l’expertise est la plus solide, et qui, avec le développement du nucléaire, a conduit depuis des années une politique de diversification énergétique très forte, se trouve en situation de faiblesse. Le risque est grand que nos concurrents, et tout particulièrement les Américains, développent de nouveau leur propre expertise et nous dament le pion sur certains marchés. La cacophonie qui s’exprime dans la presse – notamment à propos d’Areva, ou de restructurations difficiles à comprendre – n’est pas non plus favorable à l’image de la filière nucléaire française ; c’est tout à fait dommageable en termes d’opportunités de développement économique. Enfin, l’investissement en compétences commerciales n’a-t-il pas été préféré à l’investissement en compétences techniques ? Les filières de formation au génie nucléaire sont de moins en moins nombreuses. A Grenoble, les deux filières de génie atomique et génie nucléaire ont été supprimées. Nous tentons de les faire revivre par l’intermédiaire de l’Institut national polytechnique. Cette stratégie ne serait-elle pas à l’origine de nos difficultés ? M. Henri Proglio. Votre question est tout à fait pertinente. La France est le seul pays à avoir conservé des compétences en génie nucléaire. La raison en est son action à l’exportation. C’est probablement en grande partie grâce à la Chine que, au contraire de tous les autres pays européens, elle a pu continuer à construire des centrales nucléaires ces vingt dernières années. Seule parmi les acteurs du nucléaire, EDF a pu ainsi continuer à développer ses compétences. Si la situation actuelle n’est pas idéale, c’est cependant celle d’une force relative. Les centrales en cours de construction en France en attestent. La centrale de Flamanville est aujourd’hui la référence mondiale. Aucune autre centrale en construction, même aux Etats-Unis, n’atteindra son niveau d’efficacité. Il reste que la moitié des effectifs spécialistes du nucléaire d’EDF va partir à la retraite dans les cinq ans qui viennent. En termes de perspectives, la situation que vous évoquez est donc en effet préoccupante. Ma première action de président d’EDF a été, la semaine dernière, de lancer un très important effort de formation de compétences. EDF doit être pionnière dans ce domaine. En association avec l’éducation nationale, nous allons créer sans délais des centres et des campus de formation dédiés à l’ensemble d’une filière des métiers de l’énergie électrique : nucléaire, hydraulique, thermique, mais aussi distribution. Grâce à mon expérience de la création de ce type de centres dans les métiers de l’environnement, je sais qu’EDF dispose de cette capacité. Ces centres sont des outils indispensables pour les années à venir. Les formations devront être conçues en étroite coopération avec l’éducation nationale. Je souhaite qu’elles soient diplômantes. Elles doivent constituer un élément extrêmement fort de mobilisation interne, de capacité de création et de transfert de compétences, mais aussi jouer une fonction puissante d’ascenseur social et de formation tout au long de la vie. Les décisions sont prises. Leur application sera très rapide. Vendredi 15 Janvier 2010
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La députée