Le troisième levier, c’est bien l’aménagement par les collectivités, au premier rang desquelles la Métro, de zones d’activités, soit nouvelles, soit en requalifiant des zones d’activités devenus peu attractives ou en reconvertissant des friches industrielles : c’est le sens de l’aménagement de Polytec (ZAC des Berges), Bouchayer-Viallet, la Zone Franche Urbaine à Grenoble, des études lancées sur Inovallée Meylan en coordination avec la Commune de Meylan et la Caisse de Dépôts et Consignations et de la redynamisation de toute la Presqu’île scientifique avec un projet à la fois scientifique, universitaire, technologique et urbain. Sans oublier les zones d’activités intercommunales en cours de réalisation : plus de 100 ha sont concernés. Une coopération est en cours avec le Voironnais pour développer des actions communes avec la Métro en matière de développement économique, car il s’agit bien du même bassin d’emplois, même si les intercommunalités sont différentes. Si je m’investis autant dans tous ces projets, c’est que je suis convaincue que l’insertion sociale passe par l’emploi et qu’il vaut mieux investir, à notre niveau, dans la dynamique du territoire que se contenter de l’assistanat, indispensable mais qui n’est pas une fin en soi, ou d’une hypothétique redistribution, le gouvernement en place se situant nettement dans le confortement des acquis pour les plus fortunés (maintien du bouclier fiscal et des bonus bancaires, salaires exorbitants des dirigeants du CAC 40 et de certaines entreprises nationales non remis en cause et 600 000 demandeurs d’emploi en fin de droits, sans aucune autre ressource que les minima sociaux, dès ce début d’année 2010…).
Et, dans ce contexte si difficile et si injuste, quand j’entends certains courants de pensée prôner la décroissance, cela me fait bondir. Car la décroissance, nous la connaissons depuis un an et nous en voyons les dégâts : ce sont les personnes les plus en précarité et les moins facilement reconvertibles qui sont prioritairement touchées par la suppression d’emplois industriels et pas les chantres de la décroissance, en général bien à l’abri de toute précarité. La décroissance, c’est le million de personnes en fin de droits à l’allocation chômage en France et qui vont se retrouver aux minima sociaux en 2010. Pour que ces personnes retrouvent leur dignité, leur autonomie et leur place dans la société, il faut tout faire pour contribuer, à notre niveau, à une dynamique de projets sur le territoire, en les accompagnant de façon spécifique et en proximité vers un retour à l’emploi et une formation qualifiante.