En 2010, la priorité des Français reste l’emploi



En France, la crise économique qui a suivi la crise financière a supprimé plus de 500 000 emplois dans l’industrie ainsi que la sous-traitance, les services et l’artisanat associés à l’industrie. En Rhône-Alpes et en Isère, le chômage a augmenté plus vite qu’ailleurs, de + 25 % en un an, car la Région et le département sont plus industriels que le reste de la France. Malgré tout, grâce à la diversité et au dynamisme et à la diversité économique de notre département, nous sommes toujours un point et demi en dessous du taux de chômage national (7,2 % en Isère). Mais dans les quartiers populaires, les taux de chômage chez les jeunes atteignent parfois 40 % (à rapprocher des 150 000 jeunes qui sortent chaque année en France du système scolaire sans aucun diplôme=: ce sont bien eux les premières victimes de la crise qui nous touche. Les emplois industriels qui ont été supprimés seront très difficiles à reconstituer. Notre devoir, en tant qu’élus, c’est du moins ainsi que je conçois notre rôle, est de tout faire pour stimuler l’accès à l’emploi pour ceux qui en sont aujourd’hui dépourvus. Même si l’emploi reste une compétence de l’Etat et si l’on peut déplorer le manque de vision industrielle d’un gouvernement plus enclin à privilégier les effets d’annonce que les mesures de moyen et long terme, les collectivités locales ne peuvent pas se désintéresser du développement des activités économiques. Nous disposons de quelques leviers que nous devons utiliser au maximum : celui de la commande publique en premier lieu. Aujourd’hui, 75 % des investissements publics sont le fait des collectivités locales, contre 25 % seulement pour l’Etat. Il y a seulement 20 ans, c’était exactement le rapport inverse. C’est pourquoi la Région Rhône Alpes, le département de l’Isère, comme la Métro, comme la Ville de Grenoble ont engagé des plans de relance pour réactiver l’investissement créateur d’emplois. De plus, les clauses d’attribution de marchés publics permettent de privilégier les entreprises qui font un effort d’insertion de jeunes demandeurs d’emploi en association avec l’obtention d’une commande publique.

En 2010, la priorité des Français reste l’emploi
Un autre levier important, en particulier dans l’agglomération grenobloise, sur lequel nous devons plus que jamais nous appuyer, c’est l’innovation et le renforcement du lien entre la recherche et l’industrie. Nous avons la chance de disposer à Grenoble d’un potentiel de recherche formidable dans des secteurs très porteurs : la microélectronique et l’informatique, l’énergie, en particulier les énergies renouvelables (photovoltaïque solaire, hydraulique, batteries pour véhicules propres, réseaux intelligents, pile à combustible, biomasse, efficacité énergétique…), la santé (biotechnologies, neurosciences…). Un lien renforcé entre les centres de recherche, les universités et le milieu industriel permet à la fois de préparer les emplois de demain, d’irriguer avec des procédés et services innovants les entreprises de toute taille, de tous secteurs, y compris les secteurs industriels dits traditionnels pour lesquels c’est la seule chance de survie et de développement (textile, automobile, optique, énergie…) et d’accompagner la mutation ou la reconversion de secteurs aujourd’hui en difficulté (chimie, papeterie, BTP…). C’est le sens de notre soutien aux projets des pôles de compétitivité dans lesquels sont majoritairement impliquées les PMI-PME, de notre engagement dans le plan campus Grenoble Université de l’Innovation, dans le projet Giant sur la Presqu’île scientifique de Grenoble et de notre aménagement de zones d’activités économiques dans l’agglomération.


Le Bâtiment Les Reflets du Drac à Bouchayer Viallet
Le Bâtiment Les Reflets du Drac à Bouchayer Viallet
Le troisième levier, c’est bien l’aménagement par les collectivités, au premier rang desquelles la Métro, de zones d’activités, soit nouvelles, soit en requalifiant des zones d’activités devenus peu attractives ou en reconvertissant des friches industrielles : c’est le sens de l’aménagement de Polytec (ZAC des Berges), Bouchayer-Viallet, la Zone Franche Urbaine à Grenoble, des études lancées sur Inovallée Meylan en coordination avec la Commune de Meylan et la Caisse de Dépôts et Consignations et de la redynamisation de toute la Presqu’île scientifique avec un projet à la fois scientifique, universitaire, technologique et urbain. Sans oublier les zones d’activités intercommunales en cours de réalisation : plus de 100 ha sont concernés. Une coopération est en cours avec le Voironnais pour développer des actions communes avec la Métro en matière de développement économique, car il s’agit bien du même bassin d’emplois, même si les intercommunalités sont différentes. Si je m’investis autant dans tous ces projets, c’est que je suis convaincue que l’insertion sociale passe par l’emploi et qu’il vaut mieux investir, à notre niveau, dans la dynamique du territoire que se contenter de l’assistanat, indispensable mais qui n’est pas une fin en soi, ou d’une hypothétique redistribution, le gouvernement en place se situant nettement dans le confortement des acquis pour les plus fortunés (maintien du bouclier fiscal et des bonus bancaires, salaires exorbitants des dirigeants du CAC 40 et de certaines entreprises nationales non remis en cause et 600 000 demandeurs d’emploi en fin de droits, sans aucune autre ressource que les minima sociaux, dès ce début d’année 2010…).

Et, dans ce contexte si difficile et si injuste, quand j’entends certains courants de pensée prôner la décroissance, cela me fait bondir. Car la décroissance, nous la connaissons depuis un an et nous en voyons les dégâts : ce sont les personnes les plus en précarité et les moins facilement reconvertibles qui sont prioritairement touchées par la suppression d’emplois industriels et pas les chantres de la décroissance, en général bien à l’abri de toute précarité. La décroissance, c’est le million de personnes en fin de droits à l’allocation chômage en France et qui vont se retrouver aux minima sociaux en 2010. Pour que ces personnes retrouvent leur dignité, leur autonomie et leur place dans la société, il faut tout faire pour contribuer, à notre niveau, à une dynamique de projets sur le territoire, en les accompagnant de façon spécifique et en proximité vers un retour à l’emploi et une formation qualifiante.

Lundi 1 Février 2010