La microélectronique, un secteur stratégique à soutenir absolument



La microélectronique, un secteur stratégique à soutenir absolument
Sait-on suffisamment que la microélectronique est un secteur qui pèse pour plus de
10 % dans le PIB des pays européens par son impact global sur l'économie, davantage encore que l'industrie automobile ?
Sûrement pas. Car les composants ne sont pas visibles, ils sont "cachés" dans les produits et les services associés et, du coup, on a tendance à sous-estimer l'importance de cette activité qui irrigue et amène de l'innovation, non seulement dans les secteurs dits de pointe mais aussi dans toute l'industrie traditionnelle, la rendant ainsi plus compétitive.

avec François Brottes devant l'Assemblée Nationale
avec François Brottes devant l'Assemblée Nationale
C'est pour rappeler ces fondamentaux et alerter les pouvoirs publics mais aussi l'opinion sur la situation difficile des entreprises de la microélectronique française et européenne en période de crise économique mondiale que les syndicats de ces entreprises ont manifesté mardi dernier à Paris, devant l'Assemblée nationale. François Brottes et moi étions sur place et nous les avons rencontrés en compagnie de nos collègues de Caen, confrontés pour leur part à une fermeture de site.

Localement, l'entreprise E2V à Saint-Egrève et quelques PMI PME ont annoncé des réductions d'effectifs liée à une baisse de leurs activités, mais le projet Nano2012 permet au pôle de la région grenobloise de rester le premier pôle français et européen, avec 13 000 emplois directs et trois fois plus d'emplois indirects. Le risque est de passer en dessous du seuil critique si des mesures volontaristes ne sont pas prises au niveau national et européen pour cette filière qui a besoin, pour rester compétitive, d'investissements réguliers d'un montant important.

Les laboratoires et entreprises du pôle grenoblois ont anticipé en établissant des accords avec le pôle de Dresde en Allemagne notamment. J'étais intervenue à plusieurs reprises aux côtés des chercheurs et industriels auprès de l'Union Européenne dans le cadre de l'association Semi Europe qui fédère la filière. Jusqu'à présent, les règles de concurrence étaient brandies par l'UE pour ne pas aider cette filière pourtant stratégique. Et le paradoxe était atteint quand les pouvoirs publics et les collectivités territoriales de notre pays devaient demander l'autorisation à l'Union Européenne pour soutenir, en quelque sorte à sa place, des projets de recherche et développement aussi structurants que Crolles 2, Alliance, Nano 2012.

La crise économique et la nécessité de relancer une activité industrielle en péril ont, semble-t-il, infléchi la position de l'Union européenne qui commence à reconnaître l'aspect stratégique de la filière de la microélectronique. Mais nous n'en sommes pas encore à un plan d'actions concret de soutien, contrairement à ce qui se passe aux Etats-Unis et en Asie, qui répondrait aux préoccupations tout à fait légitimes des salariés de ce secteur pourtant essentiel au dynamisme de notre économie. Et le pôle grenoblois aimerait bien ne pas rester le seul survivant européen, ce qui ne manquerait pas de le fragiliser. Notre action doit donc se poursuivre, aux côtés des acteurs de la filière.

La microélectronique, un secteur stratégique à soutenir absolument

La microélectronique, un secteur stratégique à soutenir absolument



Mardi 24 Novembre 2009